
Le site Natura 2000 des Coteaux de Castetpugon, Cadillon et Lembeye (64) s’étend sur 220 ha répartis en 46 îlots sur 17 communes, et présente des habitats de pelouses calcicoles et milieux associés. Il abrite de nombreuses espèces patrimoniales, telles que le Damier de la Succise ou l’Azuré du Serpolet, ainsi qu’une grande diversité d’orchidées.
Ces coteaux autrefois utilisés pour la viticulture ou le pâturage furent délaissés suite aux dégâts causés par le Phylloxera sur la vigne.
Aujourd’hui, le maintien des milieux ouverts et des habitats de pelouses sèches est indispensable à la sauvegarde des cortèges faunistiques et floristiques du site. La déprise agricole sur ces milieux (abandon des activités pastorales) est l’une des menaces principales identifiées sur ces coteaux.
Désigné Natura 2000 en 1999, le site dispose d’un Document d’Objectifs validé en 2005. Depuis novembre 2024, la Communauté de Communes du Nord Est Béarn (CCNEB) a été désignée structure porteuse du site Natura 2000 des Coteaux de Castetpugon, Cadillon et Lembeye, en partenariat avec la Communauté de communes des Luys en Béarn (CCLB). Enfin, les collectivités ont missionné le Conservatoire d’espaces naturels de Nouvelle-Aquitaine (CEN NA) en tant que partenaire technique pour l’animation de ce site notamment pour assurer des missions de suivis des enjeux écologiques, d’accompagnement à la contractualisation, de sensibilisation...

Grace à la mobilisation des intercommunalités, l'animation de ce site Natura 2000 va notamment permettre le déploiement des outils contractuels du dispositif Natura 2000. Ainsi, les propriétaires ont aujourd'hui la possibilité de souscrire à des contrats Natura 2000 pour restaurer leurs parcelles et les exploitants agricoles ont accès depuis 2026 à des Mesures Agroenvironnementales et Climatiques pour la mise en place d'une gestion favorable aux espèces et milieux d'intérêt communautaire.

ZOOM SUR L'AZURE DU SERPOLET

Les 220 ha du site Natura 2000 des Coteaux de Castetpugon, Cadillon et Lembeye (64), abritent de nombreuses espèces d'intérêt communautaire, tel que l'Azuré du Serpolet, le Damier de la Succise ou la Laineuse du prunellier.
L'Azuré du Serpolet (Phengaris arion) est une espèce liée aux milieux thermophiles ouverts où se développe l’Origan (Origanum vulgare) en plaine.
La grande particularité de ce papillon et du genre auquel il appartient est qu'il dépend de fourmis-hôtes du genre Myrmica, essentielles à son développement. Ces fourmis accueillent la chenille après que celle-ci se soit développée sur l'Origan durant l’été. Elle y passe le reste de l'année et l'hiver au chaud en s'alimentant des larves de la fourmilière. L'imago sort de la fourmilière entre juin et août, période de vol du papillon.
Aujourd'hui ces populations sont régulièrement suivies sur le site Natura 2000 par le Conservatoire d'espaces naturels de Nouvelle-Aquitaine, afin d'évaluer leur état de conservation. L’isolement des populations, ainsi que la fragmentation et l’abandon des pelouses sèches qui entraîne la fermeture du milieu, sont les principales menaces qui pèsent sur ces espèces en déclin. Pour cela, le Conservatoire mobilise régulièrement l'outil "contrat Natura 2000" afin de restaurer les milieux qui abritent ces papillons.
Ainsi depuis 2024, 4.5 ha sont en cours de restauration grâce à des financements régionaux et européens (FEADER).
Fiche espèce site PNA papillon : Plan National d'actions en faveur des papillons de jour - Présentation de Phengaris arion
Fiche technique de gestion : https://papillons.pnaopie.fr/wp-content/uploads/2025/06/Fiche_technique_P.arion_PNA_vf2.pdf

ZOOM SUR LES CHIROPTERES
En 2026, avec le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine dans le cadre des appels à projet "Études et suivis scientifiques Natura 2000", le Conservatoire d'espaces naturels, Landes Nature et la
Ligue de Protection des Oiseaux ont débuté une étude sur les chauves-souris d'intérêt communautaire de 4 Zones Spéciales de Conservation, dont les Coteaux de Castetpugon, Cadillon et Lembeye.
L'objectif est d'améliorer les connaissances sur les espèces potentiellement présentes. Dans le Document d'objectifs du site qui date de 2005 seulement 3 espèces d'intérêt communautaire sont répertoriées : le Grand Murin, le Petit Murin et le Petit-Rhinolophe, or le site pourrait abriter bien plus d'espèces.
Les recherches vont donc se concentrer sur 7 espèces listées à l'annexe II : Grand Murin, Petit Rhinolophe, Grand Rhinolophe, Barbastelle d’Europe, Murin à oreilles échancrées, Murin de Bechstein, Minioptère de Schreibers, ainsi que sur 3 espèces listées à l'annexe IV : Noctule commune, Noctule de Leisler, Murin d’Alcathoe.
L'étude va s'appuyer sur 3 méthodes de recherche :
- Des captures afin d’équiper des individus d’émetteurs et retrouver les gîtes par radiopistage.
- Des enregistrements acoustiques, avec la pose de boîtiers d’enregistrement afin d’inventorier les espèces présentes après analyse des ultrasons.
- Des recherches de gîtes par la visite, avec l’accord des propriétaires, de bâtiments favorables à l’accueil de ces espèces (granges, églises…)
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ZOOM - Le Grand Murin

Le Grand Murin est l’une des plus grandes chauves-souris d’Europe et la plus grande de la famille des Vespertilionidés (35 à 45 cm d'envergure).
Espèce cavernicole elle dépend étroitement des activités humaines et de la qualité des espaces naturels présents notamment en période de reproduction.
En effet, à la belle saison les colonies élèvent leurs petits dans des greniers spacieux d’anciennes granges, ou des bâtiments comme les églises ou les châteaux. Les Grands Murins chassent essentiellement des coléoptères dans les vieilles forêts de feuillus et les terres de polyculture-élevage. L’hiver, ils se déplacent et hibernent dans des grottes naturelles offrant des conditions climatiques favorables.
Elles sont très fidèles à leur colonie de naissance. Ainsi, après indentification d'une colonie celle-ci peut être suivie et dénombrée pendant de nombreuses années.
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ZOOM – Le petit Rhinolophe

Le Petit Rhinolophe, comme son nom l'indique est le plus petit représentant de sa famille : les Rhinolophidés (19 à 25 cm d'envergure). Il est facilement reconnaissable à sa feuille nasale en forme de fer à cheval.
Présent dans les régions calcaires et tempérées, il utilise principalement des gîtes souterrains (grottes, caves...) pour l'hibernation mais utilise le bâti pour sa période de reproduction (combles, greniers...).
Il chasse principalement en lisière de bois et le long des haies au sein des bocages.
Aujourd'hui, cette espèce peut-être localement en déclin par la disparition de ses gîtes dans le bâti (fermeture des combles et greniers), la dégradation de ces zones de chasse (disparition des haies et des activités d'élevage), et les dérangements dans ses cavités d'hibernation.
ZOOM SUR LE DAMIER DE LA SUCCISE
Le Damier de la Succise (Euphydryas aurinia) est une des espèces phare du site des Coteaux de Castetpugon, Cadillon et Lembeye. Cette espèce menacée et d'intérêt communautaire est en partie
à l'origine de l'intégration de ce site au réseau européen Natura 2000.
Ce papillon est inféodé aux milieux ouverts pâturés ou fauchés, où l'on retrouve une alternance de périodes sèches et humides. La Succise des prés est l’une des plantes hôtes principale dans le secteur. La femelle y pond ses œufs en grappe de 50 à 100 œufs et par la suite les chenilles ont la particularité de vivre en nid communautaire pour passer l'hiver cachées dans la végétation. Puis à l'arrivée du printemps, les chenilles se dispersent pour poursuivre leur croissance et atteindre le stade de chrysalide puis d'imago (papillon).
Comme d'autres espèces, elle bénéficie d'un suivi régulier par les équipes du Conservatoire d'espaces naturels afin d'évaluer la présence et le maintien des populations sur les coteaux.
Enfin, en 2026 un éleveur a demandé à souscrire une Mesure Agroenvironnementale et Climatique sur une surface de 4,5 ha. Avec l'accompagnement du Conservatoire, il s'engage à respecter un cahier des charges de conduite de ses parcelles favorable à cette espèce pendant 3 ans (pâturage et débroussaillage).

Fiche espèce site PNA papillon : Plan National d'actions en faveur des papillons de jour - Présentation de Euphydryas aurinia
Fiche technique de gestion : https://papillons.pnaopie.fr/wp-content/uploads/2024/10/Fiche_technique_E.aurinia_PNA_NAvf.pdf
ZOOM SUR LA LAINEUSE DU PRUNELLIER

La Laineuse du prunellier (Eriogaster catax) est un papillon de nuit inscrit à l'annexe II de la directive habitats et protégé à l'échelle nationale. On retrouve cette espèce sur des milieux
thermophiles à faciès arbustifs.
Discrète et à la vie éphémère elle est inféodée aux bosquets, haies et lisières forestières constituées de prunelliers et d'aubépines. L'adulte qui ne se nourrit pas, survit seulement quelques jours et s'observe uniquement à l'automne (septembre-octobre) lors de la reproduction. Les femelles vont par la suite pondre en grappe sur les rameux de prunelliers. Après l'éclosion, les chenilles vont alors tisser des nids de soie communautaires pour se protéger. Après s'être nourri sur les arbustes, ces dernières vont s'enterrer dans le sol pour la nymphose.
La présence de la Laineuse du prunellier sur les coteaux de Castetpugon, Cadillon et Lembeye a été identifiée dès la désignation du site en Zone Spéciale de Conservation. Néanmoins, sa répartition sur ces coteaux n'a encore jamais été étudiée.

Ainsi en 2026, le Conservatoire a obtenu un soutien financier de la Région Nouvelle-Aquitaine dans le cadre de l'appel à projets "Études et suivis scientifiques Natura 2000" afin d'approfondir les connaissances sur les espèces nocturnes d'intérêt communautaire de plusieurs site Natura 2000 du Tursan aux portes de Pau.
L'étude, qui se déroulera en 2026 et 2027, porte sur les Chiroptères (Chauves-souris) et les hétérocères (Papillons de nuits) et pour cette espèce, l'objectif est d'identifier les secteurs favorables à la présence de l'espèce, rechercher des imagos (adultes) par l'utilisation de "pièges" lumineux en septembre-octobre et confirmer la reproduction de l'espèce par la recherche des nids de chenilles en mars-avril.
Fiche espèce site OREINA : https://oreina.org/artemisiae/observatoire/index.php?action=fiche&d=hetero&id=54762&module=fiche
ZOOM SUR LES HABITATS D'INTERÊT COMMUNAUTAIRE
Les Habitats d'Intérêt Communautaire (ou HIC) découlent de la Directive Européenne Habitats de 1992, dont l'annexe II liste les milieux naturels et semi-naturels considérés comme remarquables et/ou menacés, et devant faire l'objet d'attention particulière pour leur conservation par les Etats membres.
Le Document d'objectifs du site des Coteaux de Castetpugon, Cadillon et Lembeye, validé en 2005, identifie quatre Habitats d'Intérêt Communautaire :
- Pelouse sèche semi-naturelles et faciès d’embuissonnement sur calcaires (codé 6210)
- Formations à Juniperus communissur landes ou pelouses calcaires (codé 5130)
- Parcours substeppiques de graminées et annuelles (codé 6220)
- Prairie à Molinie sur calcaire (codé 6410)
Les inventaires récents sur certaines parcelles ont permis d'identifier d'autres HIC, dont les Landes sèches européennes (codé 4030), ou les Pelouses maigres de fauche (codé 6510).
L'intérêt principal de ces coteaux réside dans la mosaïque d'habitats qui compose le paysage, résultant de différents stades d'évolution des végétations. Ainsi la pelouse en déprise laisse place peu à peu à une lande sèche, qui se couvre progressivement de Genévriers, puis évolue en fourré puis en chênaie (voir illustration ci-contre).
La pelouse, HIC prioritaire
Les habitats de pelouse (6210 et 6220) sont considérés comme prioritaires par la Directive Habitats. Les pelouses sèches sont des formations végétales rases composées essentiellement de plantes herbacées sur un sol pauvre en éléments nutritifs, et régulièrement en contexte de pente sur coteaux, avec des expositions optimales au sud. Il s'agit de végétations secondaires issues de déforestations historiques anciennes et entretenues par des systèmes pastoraux extensifs hérités des traditions de parcours ovins et asins. D'une manière générale, les pelouses présentent une grande valeur patrimoniale car elles témoignent de pratiques agropastorales anciennes et abritent une faune et une flore rares et menacés, dont une grande diversité d'orchidées. Les pelouses sont des milieux menacés de disparition à l'échelle nationale, notamment du fait de l'abandon du pastoralisme ou, à l'inverse, de l'accentuation des pratiques agricoles (plantation vignes), ainsi que de la recolonisation forestière.
Les orchidées, les stars des coteaux
Les pelouses du site des Coteaux de Castetpugon, Cadillon et Lembeye sont par ailleurs classées "sites d'orchidées remarquables", car elles abritent un cortège important d'espèces d'orchidées (27 espèces sur l’ensemble des pelouses), et parmi elles des orchidées considérées comme rares à l'échelle régionale et nationale (comme l'Orchis grenouille ou l'Orchis à fleurs lâches).

Chaque année à la saison de la floraison, ces plantes passionnantes attirent de nombreux photographes ou simples curieux ; le site Natura 2000 devient ainsi support d'animations pour faire connaître ses espèces et leurs spécificités, et sensibiliser quant à leur préservation.

















































